Crowdfunding immobilier : la parole est aux investisseurs
  • Localisation Exemples :  5775015Niceétranger
    • Pièces :   
    • Surface :   
    •  m²
    •  
    •  m²
  •  
    • Budget :   
    •  €
    •  
    •  €

Investissement / Fiscalité, Droit immobilier

Crowdfunding immobilier : la parole est aux investisseurs

Publié le 15/04/2016

Le financement participatif dans l’immobilier a le vent en poupe. Mais qui sont les personnes prêtes à investir sur ces nouvelles plateformes web. Rencontre avec des crowdfunders de toute la France.

Lymo, Wiseed, Anaxago, Dividom… autant de noms devenus communs en quelques années pour certains internautes, prêts à investir dans l’immobilier, qu’il s’agisse de la promotion immobilière, de la gestion locative ou encore de la rénovation. Des investisseurs au masculin, comme l’indiquait le site Wiseed, un des leaders du secteur. Il compte parmi ses internautes 89 % d’hommes pour seulement 6 % de femmes et 5 % de professionnels. Férus d’Internet, comme Nicolas ou avides d’informations en tous genres, à la manière de Pascal ou Manuel, ces financeurs 3.0 ne sont pas tous des jeunes de moins de 25 ans. Selon les données de Wiseed, 53 % de leurs crowdfunders ont moins de 45 ans dont 23 % plus de 35 ans.

Des propriétaires, mais aussi des locataires à la recherche d’un premier investissement dans l’immobilier, attirés par la facilité avec laquelle se déroule la procédure : peu de paperasse et un maximum d’informations sur les sites.

Participer à un projet concret

Avec des perspectives de rentabilités alléchantes, pouvant aller jusqu’à 15 %, pas étonnant que certains internautes se laissent tenter, "même s’il faut bien penser à diversifier ses projets", conseille Pascal, militaire de 38 ans. "Ce qui est intéressant, c’est la possibilité de participer à des choses concrètes, des programmes immobiliers à taille humaine", d’où son choix de passer plutôt par la plateforme Lymo, spécialisée dans la promotion immobilière sur de petites résidences. Pascal a déjà investi 2 000 € dans plusieurs opérations et perçoit aujourd’hui les premières rentes à hauteur de 8 %.

Car il y a autant de formes de crowdfunding que de plateformes sur le net. Dividom travaille sur l’immobilier patrimonial, et propose aux investisseurs d’obtenir des parts dans un bien neuf à travers un montage en société civile immobilière (SCI) afin de profiter du dispositif d’investissement locatif Pinel. "C’est ce qui m’a tout de suite intéressé", assure Nicolas, 30 ans, dirigeant d'une agence web. "Je cherchais une méthode pour défiscaliser grâce à l’immobilier, sans avoir à investir de grosses sommes." Il a ainsi placé 8 000 € au tour de table d’un logement avec d’autres et devrait percevoir une déduction fiscale annuelle, durant 12 ans, de l’ordre de 800 € à 900 €.

Outre les perspectives financières, la dimension marginale d’une pratique encore peu connue du grand public séduit aussi : "J’ai l’impression, dans la promotion immobilière, d’aider les petits promoteurs dans leur démarche et ça me plaît beaucoup " A 49 ans, Manuel, ex entrepreneur connaît bien les difficultés que l’on peut rencontrer face aux banques. "C’est presque un acte anti-système", plaisante-t-il. En quelques années, il a déjà investi près de 10 000 € et perçoit sur les différents projets bouclés des retours sur investissement à hauteur de 8 %.

Le goût du terroir… et de la vigilance

Si le crowdfunding immobilier permet de financer des opérations un peu partout en France, les investisseurs que nous avons rencontré optent souvent pour des programmes près de chez eux. "C’est plus rassurant", avoue Nicolas. "J’habite à Lille et j’aime savoir que je peux passer près du bien dans lequel j’ai mis de l’argent." Un sentiment partagé par Simon, 27 ans, développeur de start up résident à Arras. Ce dernier a investi 1 000 € dans un logement en location, dans la ville, avec d’autres. "J’espère conserver mon investissement quelques années puis revendre ma part. Sur 1 000 €, la rentabilité n’est pas énorme."

Une manière, pour certains, de se prémunir contre les arnaques. Car le crowdfunding immobilier est encore jeune et les plateformes frauduleuses sont légion. Sur ce point, les investisseurs se réfèrent à des réflexes assez simples, mais efficaces : "Je suis directement allé rencontrer le patron de la plateforme Lymo pour discuter avec lui", indique Manuel. "Même chose pour moi avec Dividom", confie Nicolas. "J’ai fait quelques études de finances, j’ai donc bien senti que ce n’était pas une arnaque."

Mais la rencontre n’est pas toujours aisée, c’est pour cela qu’il est important de se référer aux certifications. Les plateformes agréées par l’Etat répondent soit aux normes CIP (Conseiller en investissement participatif) soit IFP (Intermédiaire en financement participatif). Si le site ne possède ni l’un ni l’autre de ces agréments, les investisseurs peuvent être sûr que c’est une arnaque. "Sans oublier la prise de risque partagée de certaines plateforme", prévient Pascal. "Lymo, par exemple, est également promoteur sur les programmes qu’ils proposent. Savoir qu’eux aussi misent de l’argent me rassure."

Quel avenir pour le crowdfunding immobilier ?

Sur les six derniers mois, près de 18 millions d’euros ont été collectés via le crowdfunding immobilier. Une somme assez conséquente pour alerter l’Autorité des marchés financiers (AMF). Dans le viseur ? Les programmes impliquant des montages en société civile immobilière (SCI) ou société civile de construction vente (SCCV). Ces formules reposent sur l’immobilier patrimonial. L’AMF estime que dans ces circonstances, l’investisseur peut se retrouver à s’engager au-delà de son apport. Mais le crowdfunding en promotion immobilière n’est pas en reste. La plupart des programmes immobiliers seront livrés en 2017. Les plateformes devront donc faire face à une vague de remboursement importante. Arriveront-ils à la gérer ? La question mérite d’être posée.

Enfin, plus généralement, les menaces d’un encadrement prochain du crowdfunding immobilier sont loin d’être irréalistes. Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet durant les Troisième Assises de la finance participative, le 29 mars 2016 : "Certains modèles se sont développés, je pense en particulier au « crowfunding » immobilier, ne sont pas satisfaisants à cet égard. Nous allons donc travailler dans les prochains mois à un encadrement de ces modèles".  Le mot est lâché. 

Ludovic Clerima Explorimmo

Commentaires

    Soyez le premier

Ajouter un commentaire

    ###ERRORS###
    •  
    * Champs obligatoires
    Le champ email est obligatoire. L'adresse email saisie est invalide. Le prénom est obligatoire. Le nom est obligatoire. Le message est obligatoire. Le champ "Email de votre ami" est obligatoire. L'adresse email de votre ami est invalide.