Les intérêts du PEL taxés à 30 % dès le 1er janvier 2018
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Investissement / Fiscalité, Droit immobilier

Les intérêts du PEL taxés à 30 % dès le 1er janvier 2018

Publié le 12/09/2017

Cette mesure concernera les PEL de plus de 12 ans et tous ceux qui seront ouverts à partir de 2018. Une décision qui vient corriger les égarements de ce placement, mais dont l’annonce pourrait crisper les particuliers, selon les professionnels de l’immobilier.

Le PEL dans le viseur du gouvernement. Lors d'une interview accordée au quotidien les Echos, le ministre de l’Economie annonce l’arrivée dès le 1er janvier 2018 d’un nouvel impôt. Un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % qui s’appliquera aux intérêts du plan épargne logement (PEL) : "Pour les plans ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts produits jusqu'à la veille du 12e anniversaire du PEL resteront exonérés d'impôt sur le revenu. En revanche, les intérêts produits après douze ans seront imposés au PFU. Pour les nouveaux plans ouverts à compter du 1er janvier 2018, les intérêts produits seront imposés au PFU dès la première année", précise Bruno Le Maire.

Une annonce bien reçue chez les courtiers en crédit immobilier : "Il faut rappeler ce qu’est devenu le PEL", indique Sylvain Lefèvre, président de la Centrale de financement. "C’est un placement d’épargne exonéré d’impôt, et non plus une aide à l’accession pour les primo-accédants". Il est rejoint sur ce point par Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi : "Le gouvernement veut mettre un terme à l’épargne figée. Le PEL de nos jours n’est là que pour obtenir du rendement facile." Et Cécile Roquelaure, chargée des études pour le courtier Empruntis de rappeler que "la fiscalisation du PEL est en marche depuis longtemps."

Un plan épargne qui plaît peu dans le logement

De l’avis des réseaux d’agences immobilières, le PEL ne sert déjà plus à financer du logement : "On ne reçoit que peu de clients qui achètent à l’aide d’un PEL", assure Jean François Buet, président de la Fédération nationale des agents immobiliers (FNAIM). "Le PEL était intéressant lorsque les taux de crédit immobilier dépassaient les 10 % et que le taux du prêt bonifié était, lui, estimé à 4 %", renchérit Bernard Cadeau, président du réseau d’agences immobilières Opri. "Mais aujourd’hui, avec des taux à 1,58 % en moyenne, ça n’a plus d’intérêt."

Oui… et non. Si les professionnels ne veulent pas jouer les voyants, précisons tout de même qu’il y a peu de chance que les taux de crédit immobilier restent éternellement bas. Les économistes anticipent des taux moyens aux alentours de 2 % fin 2017 / début 2018. Avec un PEL proposant des taux à 2,20 %, il pourrait être intéressant de souscrire à ce type de placement pour être sûr d’avoir un bon niveau de crédit si l’on souhaite acheter dans 5 ans. "Le PEL serait alors une sorte de couverture de taux", souligne Sylvain Lefèvre. "Mais il n’y a aucune garantie concrète."

Des particuliers à cran sur le logement

Reste que la méthode du gouvernement en matière de communication sur le logement suscite de vraies inquiétudes chez les professionnels : "Attention à l’impact psychologique. Parler en même temps de l’impôt sur la fortune, du PEL, des APL, c’est embrouiller les gens et laisser croire que l’on va taxer fortement l’immobilier. C’est une politique globale du logement qu’il faut construire", insiste Bernard Cadeau. Et à lire les réactions sur les réseaux sociaux des internautes, la crainte d’un pouvoir ligué contre le logement paraît fondée.

"En termes de communication, c’est catastrophique !", constate Philippe Taboret. "Ce qu’il manque, c’est le sens", renchérit Sylvain Lefèvre. "Le PEL avait pour but d’aider les jeunes primo-accédants à financer l’achat de leur premier logement en leur apprenant à épargner. Mais aujourd’hui, quel dispositif joue ce rôle ? Le PTZ ? Il ne fonctionne que dans le neuf ou l’ancien avec travaux." Espérons que le projet de loi logement donne enfin un cap à cette succession de mesures égrenées depuis le début de l’été…

Ludovic CLERIMA

Crédit photo : François BOUCHON / Le Figaro

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