Location: la bouffée d'oxygène
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par Domitille Desforges, LEXPRESS.fr, 06/09/2004
Toute reproduction interdite, © Groupe Express-Expansion 2003
L'engouement pour l'achat allège la pression sur le marché locatif: l'offre s'accroît et la hausse des prix ralentit. Conséquence: les locataires sont plus exigeants.
Même s'ils se sont stabilisés, les prix des locations,
restent à un niveau élevé. Tour du marché
dans 200 agglomérations grâce à l'étude
détaillée qu'a réalisé la FNAIM pour L'Express.
Les panneaux \\"Aucune location pour le moment\\" se font rares dans les agences? Regardez d'un peu plus près... Depuis le mois de janvier, en effet, l'offre locative a augmenté de 12% sur la France entière. De son côté, la demande a reculé, car l'allongement de la durée des prêts et la faiblesse des taux d'intérêt favorisent l'acquisition. Aujourd'hui, même s'il manque encore 250 000 logements locatifs en France, le marché se rééquilibre doucement, et la hausse des prix ralentit. Depuis janvier, celle-ci n'a pas excédé 4,1% pour les studios, 8,3% pour les 2-pièces, pour lesquels la demande reste la plus forte; elle est quasi nulle pour les 4, 5 et 6-pièces, qui, sans cela, ne se loueraient pas.
C'est à Paris que les changements sont les plus nets. Pour les quatre premiers mois de 2004, l'offre a augmenté de 19%. Et le loyer parisien, estimé à 755,37 € en moyenne, a baissé de 3,23% depuis janvier. Près de la gare de Lyon, un studio de 25 m² se loue 550 €. A Montparnasse, un 48-m² est mis en location pour 950 €. Mais le prix moyen du mètre carré parisien, évalué à 19,26 €, reste très élevé en comparaison des 10,36 € nationaux. Prévoyez un loyer de 300 € pour un petit studio à Lille, Nantes ou Toulouse. Pour un 2-pièces à Grenoble ou à Montpellier, il faudra compter au minimum 400 €
En 2004, 20 locataires sur 100 auront quitté leur appartement
Sensibles à cet assouplissement du marché, les locataires modifient quelque peu leur comportement. Une moindre pression sur les prix leur laisse du temps pour choisir. \\"Hier, nous faisions en matinée quatre ou cinq visites d'un même appartement et le client intéressé nous rappelait dans la journée; aujourd'hui, il faut parfois attendre une ou deux semaines\\", constate Antoine Labruyère, directeur de l'administration des biens chez Century 21 France. En outre, les locataires sont très exigeants sur l'état du bien. \\"Ils ne veulent pas d'un papier peint qui se décolle, d'une salle de bains vieillotte ou d'un chauffage qui ne serait pas aux normes\\", observe Emilie Journet, agent immobilier à Lyon. Enfin, toujours difficiles à rassurer, les locataires continuent à se renseigner sur le montant des loyers après signature de leur propre bail. \\"Si un rapport qualité/prix leur semble plus intéressant ailleurs, ils n'hésiteront pas à déménager\\", traduit Antoine Labruyère. \\"En 2004, 20 locataires sur 100 auront quitté leur appartement\\", ajoute-t-il. En moyenne, la durée de location d'un bien est de cinq ans. Les studios la tirent sensiblement vers le bas du fait de la grande mobilité des étudiants, leurs premiers occupants.
Pour les maisons, en revanche, le temps d'occupation est plus long, ce qui affaiblit le volume des transactions, notamment dans les grandes villes. Aujourd'hui, sur 100 locations, 16 seulement sont des maisons, et ce chiffre tend à baisser: on en comptait plus de 18 en 2003. \\"La location de maison évolue vers le micro-marché\\", commente cet agent immobilier toulousain. Tout comme la location meublée, fiscalement intéressante pour le bailleur, mais qui séduit peu le preneur. L'offre est supérieure à la demande et les biens se louent trois fois moins vite que les logements vides, pour des prix à peine plus élevés. La colocation, enfin, demeure un épiphénomène, à l'impact économique mineur et dont certains propriétaires se méfient.
\\"Il reste, conclut René Pallincourt, président de la Fnaim, que le marché de la location est très saisonnier.\\" Peu dynamique en hiver, il retrouve généralement toute son énergie à deux dates clefs: le début des grandes vacances et la rentrée scolaire. \\"Cette année, note cependant un agent immobilier parisien, la demande est restée faible jusqu'au milieu du mois d'août. Mais, depuis quelques semaines, nous constatons le retour des candidats à la location.\\" Avis, donc, à ceux qui cherchent un appartement: l'éclaircie observée sur le marché pourrait bien être de courte durée...
©explorimmo.com 15/03/2008
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